Présidentielles et précarité étudiante : l’état des lieux

Est ce que les présidentielles réussiront à remédier à la précarité étudiante ? En décembre dernier, en réponse aux étudiants dans la précarité aggravée depuis la crise sanitaire, le Gouvernement a mis en place la distribution d’une « indemnité inflation » de 100 euros. Cette aide financière bien maigre a été très mal perçue par les associations et syndicats étudiants à l’époque. En voici les principales raisons.

Illustration – Crédit : Camille MILLERAND / AFRIQUEINVISU

Une détresse financière plus que d’actualité

En effet, selon l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) dans sa dernière enquête sur le coût de la vie étudiante (2021), le coût de la vie de l’ensemble des étudiants a augmenté d’au moins 2,50 % durant l’année 2021. Cela représenterait 20,61 euros à sortir en plus de sa poche par mois, ce qui n’est pas sans conséquences sur les conditions de vie de ces derniers, notamment ceux qui vivent dans les grandes villes.

L’inflation des prix est présente maintenant dans tous les domaines : hausse des loyers, des produits alimentaires, du carburant. Jérôme Fouquet, directeur du département opinions de l’IFOP a réalisé une enquête en 2022 sur la population française gagnant moins de 2 000 euros par mois. Il s’exprimait sur le journal Challenge :

« C’est l’économie de la débrouille, du système D car il ne reste souvent que 100 euros pour finir le mois. »

Jérôme Fouquet dans Challenge

Encore à l’aube du printemps, l’enquête révèle que « : 44 % ont déjà renoncé à se chauffer ». Vivre chichement, quand la société a besoin de consommer toujours plus et de plus en plus cher : comment faire face à cela lorsque l’on n’est pas encore sur le marché du travail ?

Quelles solutions pour le quinquennat 2022-2027 ?

Toujours selon l’UNEF (2021), le quinquennat de Macron serait le seul sous lequel les étudiants auraient perdu de l’argent en aide directe. À l’approche des présidentielles, quelles sont donc les solutions apportées par nos candidats du premier tour ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

 C’est en partie grâce à la vidéo Konbini que seront présentées les réponses des candidats.

Voici le nouveau slogan des "Jeunes avec Valérie", le mouvement des jeunes Républicains en faveur de Valérie Pécresse. © Jeunes avec Pécresse

Pécresse (Les Républicains) propose la mise en place d’un revenu « Jeunes Actifs » 670 euros par mois pendant 6 mois. Ce revenu serait distribué à tous les jeunes « qui acceptent de se former aux métiers qui recrutent  ».

Zemmour (Reconquête !) : se positionne contre les mesures d’assistanat. Il ne souhaite donc pas mettre en place un revenu pour les étudiants car selon lui, ce n’est pas « de bonne politique et de bonne philosophie ».

Yannick Jadot (Europe Écologie – Les Verts) : propose la mise en place d’un « revenu citoyen » qui est un revenu automatique de 920 euros à partir de la majorité.

L'affiche de Nicolas Dupont-Aignan.
(DR)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) : se dit favorable à un revenu SMIC jeune « si c’est la conséquence d’un travail au service de la collectivité ». Comme Zemmour, il ne souhaite pas donner de revenus « d’assistanat qui ne rendraient pas service aux jeunes ».

Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) : s’intéresse à la fois aux étudiants et aux lycéens en formation professionnelle qui ne sont plus dans les revenus fiscaux de leurs parents : il propose une « allocation d’autonomie » de 1 063 euros.

Anne Hidalgo (Parti Socialiste) : propose un « minimum jeunesse » d’au moins 500 euros par mois sous conditions de certaines ressources financières.

Jean Lassalle (Résistons !) : compte augmenter le RSA jeune déjà existant de 800 euros à 1000 euros.

Fabien Roussel (Parti Communiste Français) : propose la mise en place d’un « revenu étudiant » de 850 euros à 1000 euros, selon la situation du revenu de l’étudiant. Pas de conditions d’obtention, le revenu est possible pour tous.

Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) : est favorable à un revenu minimum pour les jeunes, bien que selon elle, la solution principale pour résoudre le problème de la précarité étudiante est de faire changer la société française.

Philippe Poutou (Anticapitaliste) : est favorable à l’établissement d’un revenu pour aider les jeunes n’ayant pas des conditions d’études correctes à cause de leur job alimentaire. Le plafonnement du SMIC à 1800 euros serait une de ses mesures.

Marine Le Pen (Rassemblement National) : compte verser un complément de salaire de 200 à 300 euros pour les jeunes qui travaillent durant leurs études et valident leurs examens (source : programme du candidat).

Emmanuel Macron (La République en Marche) : ne souhaite pas étendre le RSA aux jeunes de 18 à 25 ans (source : programme du candidat).

Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site de Konbini.com, qui résume et compare les questions sur la précarité des jeunes chez l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle.

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